L'Ordre des kinésithérapeutes a organisé, les 11 et 12 juin, une série d'auditions institutionnelles dans la région autonome de Madère concernant les nouvelles règles applicables à la prestation de soins dans le domaine de la médecine physique et de la réadaptation, ainsi que leurs implications potentielles sur l'accès des usagers à la kinésithérapie.
Dans le cadre de ces démarches, le président de l'Ordre des kinésithérapeutes, António Lopes, a d'abord rencontré la secrétaire régionale à la Santé et à la Protection civile, puis avec les groupes parlementaires du PS, du JPP, de CHEGA, de l’IL et du CDS, à la demande de ces partis, afin de présenter la position de l’Ordre sur cette question.
Au cours de ces réunions, le président de l'Ordre a fait part de son désaccord avec le contenu de l'arrêté régional, dans la mesure où celle-ci constitue un recul par rapport à un modèle national que l’Ordre des kinésithérapeutes considère comme dépassé et inadapté, tant du point de vue du cadre juridique que de la qualité et de la pertinence de la réponse apportée aux problèmes de santé de la population, et à l’égard duquel elle n’a cessé d’exprimer publiquement son opposition auprès des instances gouvernementales nationales.
Les modifications proposées aujourd’hui privilégient et visent la maîtrise des coûts, sans garantir une amélioration de l’accès des citoyens aux soins de kinésithérapie, dans les délais les plus appropriés et les plus nécessaires, en fonction des besoins des usagers et de la diversité des parcours cliniques, pour lesquels il existe des preuves scientifiques de l’efficacité de l’intervention des kinésithérapeutes.
Elles limitent et entravent également l'intervention des kinésithérapeutes par orientation directe depuis les différentes spécialités médicales, ce qui entraîne des retards injustifiés, une multiplication des consultations et une augmentation des coûts directs et indirects qui y sont associés.
Dans ce contexte, il a remis à ses interlocuteurs, pour examen, des documents justifiant sa position et exposant les motifs des modifications qu'il propose en vue d'améliorer la prestation des soins de santé dans le domaine de la kinésithérapie.
Elle a souligné le statut de la kinésithérapie en tant que discipline scientifique autonome et celui de la profession de kinésithérapeute, en tant que profession de santé autonome et autorégulée, en garantissant le rôle des différents organes de l'ordre, en tant qu’association de droit public, dotée de pouvoirs délégués par l’État, dans la réglementation de la profession et la défense des intérêts généraux des usagers des services fournis par ses membres, en garantissant et en faisant respecter le droit des citoyens à la santé.
Il a également souligné que les kinésithérapeutes peuvent exercer leur activité, légalement et en toute autonomie, dans divers contextes, notamment au sein d’unités autonomes de kinésithérapie, placées sous la direction clinique de kinésithérapeutes et dûment enregistrées, y compris dans la région autonome de Madère. À cet égard, l’Ordre estime qu’il est fondamental que les usagers de ces établissements puissent également bénéficier des mécanismes de prise en charge applicables aux soins de santé.
Ces réunions ont permis de constater que les interlocuteurs locaux reconnaissaient clairement l’importance de la contribution des kinésithérapeutes au sein du système régional de santé, ainsi que leur volonté d’approfondir leur intervention et leur intégration non seulement dans le domaine de la rééducation, mais aussi dans les soins de santé primaires et aux différents niveaux de la prévention et de la promotion de la santé.
Le président de l'Ordre des kinésithérapeutes et la direction régionale de Madère de cet ordre suivront l'évolution de la situation et ont réaffirmé leur volonté de collaborer avec les autorités locales afin d'améliorer l'accès de la population aux soins de kinésithérapie dispensés par des kinésithérapeutes.
La visite s'est achevée par une réunion avec des kinésithérapeutes de la Région autonome de Madère, au cours de laquelle il a été possible d'écouter leurs préoccupations, d'identifier les défis à relever et de présenter les activités menées par l'Ordre des kinésithérapeutes.